Les troubles de l'audition chez l'enfant

La surdité du jeune enfant est une anomalie fréquente : 1 pour 1000 naissances dans une famille sans antécédent et 15 pour 1000 naissances chez les enfants à haut risque. Elle est définie par l'Organisation mondiale de la santé comme "une acuité auditive insuffisante pour permettre à l'enfant d'apprendre sa propre langue, de participer aux activités normales de son âge et de suivre avec profit l'enseignement scolaire général".

Type de surdité

Selon l'organe touché, on distingue deux grands types de surdité.

La surdité de transmission est souvent curable par des moyens médicaux ou chirurgicaux. C'est la conséquence d'une affection de l'oreille moyenne : les pathologies du tympan, des osselets et de la trompe d'Eustache représentent les principales causes. Elles sont souvent liées à certaines formes d’otites importantes.

La surdité de perception, elle, est généralement définitive et peut aller de la perte légère à la surdité totale. C'est l'atteinte de l'oreille interne, c'est à dire de l'organe de l'audition (cochlée) ou du nerf auditif sur une partie quelconque de son trajet depuis l'organe de l'audition jusqu'aux centres nerveux du cerveau.

Appareillage et suivi

Les personnes atteintes de ce type de surdité peuvent bénéficier d’un appareillage, ou des mêmes traitements prescrits pour la surdité de transmission et de perception (médicaments, chirurgie).

L'appareillage ou prothèse permet au malentendant de percevoir la parole à condition qu'il ne soit pas trop loin de l'interlocuteur et que le bruit de fond ne soit pas trop important. Il impose une rééducation parallèle. Le sourd profond ne tire de sa prothèse que des informations partielles qui se surajoutent à celles tirées de la lecture labiale. L'appareillage permet de plus à l'enfant de percevoir sa propre voix.

On doit placer une prothèse chez l'enfant appareillable le plus tôt possible afin qu'il puisse faire ses acquisitions au même moment que l'enfant qui entend bien. L'âge de 1 an semble le mieux. Certains spécialistes appareillent les nourrissons plus tôt (4 ou 6 mois) lorsqu'ils sont certains de leur évaluation du niveau auditif. Les prothèses auditives doivent être portées du matin jusqu'au soir et faire partie intégrante de l'enfant.

La prothèse : ce système regroupe l’ensemble des composants de la prothèse dans une coque qui se porte derrière l’oreille. Le son est conduit vers le tympan à travers l’embout auriculaire par un petit tuyau souple et transparent. Lorsque chaque oreille est appareillée indépendamment, il arrive que l’on puisse restituer l’effet stéréophonique. C’est le modèle le plus couramment utilisé.

L’implant cochléaire qui est un dispositif électronique médical ayant pour objectif d’aider des personnes déficientes auditives sévères à profondes. Il permet, grâce à un système d’électrodes placées dans la cochlée, de pallier la déficience de l’oreille interne. La destruction ou l’absence de cellules ciliées, situées dans la cochlée, engendre une surdité qui peut être compensée partiellement par cette méthode. 

Le système Baha est utilisé chez les patients atteints de surdité unilatérale (diminution ou incapacité auditive à une oreille). Ce système court-circuite entièrement l’oreille sourde et transmet directement le son à la cochlée de la bonne oreille.

Le rôle de la logopédie dans la surdité

Le logopède intervient dans un premier temps pour passer un bilan. Pour un enfant sourd, le bilan peut être réalisé dès le dépistage néonatal de la surdité. La rééducation vise à améliorer l’autonomie de l’enfant. La prise en charge s’axe autour du développement de la communication et du langage, de l’utilisation fonctionnelle de celui-ci dans la vie quotidienne et de la mise en place d’outils de compensation.

En ce qui concerne les outils les plus fréquemment utilisés dans les rééducations logopédiques, il y a la langue parlée complétée (LPC) qui permet de compléter la lecture labiale afin de la rendre entièrement intelligible. Elle permet également aux parents d’être actifs dans l’éducation de leur(s) enfant(s) et leur donne les moyens d’établir rapidement une communication complète avec lui. Le principe de la LPC consiste à associer à chaque son prononcé, un geste (appelé clé ou code). Il y a aussi le français signé. C’est une technique qui permet de rendre le français visuel. Avec le français signé, chaque mot du français est remplacé par un signe, emprunté au vocabulaire de la langue des signes. Toutefois, la structure grammaticale du français (ordre des mots, prépositions, articles) reste inchangée. Ainsi, il y a concordance entre la phrase parlée et la phrase signée. Ainsi, même si le français signé n’est pas une langue à proprement parler, il permet d’établir un pont entre sourds et entendants.

Il y a encore la langue des signes (LSFB) qui est une langue qui se « parle » avec les mains et qui « s’écoute » avec les yeux. C’est une langue à part entière, pratiquée par une communauté, la communauté des Sourds, et qui possède une grammaire et un vocabulaire qui lui sont propres. Les langues orales sont des langues sonores et linéaires : on est obligé de prononcer les mots les uns à la suite des autres. La langue des signes est une langue gestuelle, visuelle, qui utilise les trois dimensions de l’espace (hauteur, largeur et profondeur) à des fins grammaticales. Elle permet de signer plusieurs choses en même temps. Ajoutons aussi que l’expression du visage et un certain mouvement du corps, par exemple des épaules, sont très importants en langue des signes : elles remplissent notamment le rôle de l’intonation et de certaines fonctions grammaticales dans les langues orales.

Enfin, certains logopèdes ont recours à La méthode verbo-tonale qui utilise des appareils d'amplification avec filtres, des rythmes corporels aidant à l'émission des sons, des diapositives didactiques. Cette dernière méthode a pour but de faire prendre conscience à l’enfant sourd des vibrations des sons de la parole afin qu’il puisse les oraliser.